Créer mon blog M'identifier

Les bêtises de Zoé

Le 23 septembre 2013, 16:35 dans humour 0

Aujourd'hui, il fait beau, je flâne dans le jardin. Tout m'attire: la senteur du thym qui pousse entre les pierres, l'oranger du Mexique qui s'étale avec ses fleurs blanches odorantes, le vieux pommier où -ô délice- les piafs viennent s'ébattre, et le petit bassin où nageottent paresseusement quelques poissons rouges. Justement, au pied de l'oranger du Mexique, quelque chose bouge. Je ne fais ni une ni deux et hop! je choppe une bestiole grise qui couine comme pas possible dès que je referme mes mâchoires dessus. Et devinez ce qui arrive: attirée par le bruit, voilà Julie (c'est ma mère adoptive) qui surgit. Celle-là, vous pouvez être sûrs, elle n'est jamais bien loin, toujours en train de me surveiller. Comme si, à 1 an, je ne pouvais pas rester sans surveillance!

-Lâche le mulot, a-t-elle crié, lâche-le tout de suite!

Et puis quoi, encore? J'ai tout de même le droit de jouer avec un mulot, le lancer en l'air, lui remettre une patte agile dessus dès qu'il essaie de s'enfuir, le relancer en l'air, non mais!

-Laisse ce mulot, Zoé, IMMEDIATEMENT.

Entre les couinements du mulot, et les glapissements de Julie, je reste un instant immobile. Julie et moi, on se regarde: je ne sais pas si vous connaissez les chats, mais nous, les félins, avons le don de saisir globalement la pensée de l'humain. Et là, pas de doute, elle n'est pas contente, la Julie, elle veut que je laisse repartir le mulot. J'hésite, Julie me fixe, el répète d'un ton sans réplique: "lâche cette petite bête, tout de suite!"

Alors je finis par lâcher à regret la bestiole qui ne demande pas son reste, et court se cacher sous l'oranger. Sous l'oranger, tiens, tiens...

Julie me dit : "c'est bien, Zoé," et elle me caresse le dos. Je ronronne un peu, histoire de lui faire croire à ma complète réddition, et je file dans la salle à manger, tout en mémorisant soigneusement la cachette du mulot. Il doit y en avoir une tripotée, sous l'oranger, le tout, c'est d'empêcher ces sacrés machins de couiner.

Dans la salle à manger, je m'empresse de me livrer à mon amusement favori: faire mes griffes sur le papier. J'étais en train de me délecter à lacérer la tapisserie quand j'ai entendu des pas. Ah non! encore elle!

-Qu'est-ce que tu fais encore, Zoé?

-Je dépose mon odeur, ça ne se voit pas?

-Arrête de faire tes griffes sur le papier peint, regarde-moi ça, tout est à refaire, dans la salle! Quand on aura mis du papier neuf, tu n'auras pas intérêt à le lacérer, c'est moi qui te le dis!

Et fais pas ci, fais pas ça, on ne peut rien faire, dans cette maison, c'est pas possible! Le nez en l'air, j'inspecte autour de moi. Je saute sur le bibus, calcule rapidement mon élan et hop, sur le dessus de la porte, tout en haut, près du plafond. Tiens, je n'ai pas encore gratté, là. Et julie s'égosille de nouveau:

-Descends, qu'est-ce que tu fais la haut! Tu vas tomber!

-J'essaie de t'échapper, cette question! et non, je ne vais pas tomber, regarde!

Et je fais de l'équilibre sur le dessus de la porte, je me dresse sur mes pattes arrières pour gratter le papier - Julie est sur le point d'avoir une attaque- je me couche en me retenant avec mes griffes, bref, je fais je fais le cirque en me moquant ouvertement de ma maîtresse que je regarde d'un air narquois.

Alors Julie va chercher un petit torchon et me menace: "si tu ne descends pas immédiatement, tu vas avoir un coup de torchon sur les fesses!"

Laissez moi rigoler. Non mais, je m'esbaudis carrément. Un coup de torchon sur les fesses, et puis quoi, encore! elle n'en sera jamais capable, la Julie!

Et bien si. Elle l'a fait. Et vlan, un coup de torchon sur la porte. Raté. Ce que c'est maladroit, les humains! Oh, c'est encore plus rigolo que je ne pensais, de grimper au dessus des portes!

Julie sautille et agite son torchon dans tous les sens sous mon oeil goguenard. Pour finir, elle disparait -où elle va, là?- Je comprends quand je l'entends farfouiller dans le débarras, en maugréant parce qu'elle tente de sortir l'escabeau, sûrement pour m'attraper. La voilà qui revient , portant péniblement le machin qui est aussi grand qu'elle, se donnant un mal de chien parce qu'elle ne veut pas abîmer le parquet, et tout ça pour rien, car entre temps, j'ai re-sauté sur le bibus.

-Tu te moques de moi, grogne Julie, empêtrée avec son escabeau qu'elle finit par poser contre le mur. Du mauvais côté, ce qui fait que le machin glisse et tombe avec un boucan pas possible. Du coup, je cours me réfugier derrière le canapé, j'ai horreur du bruit, moi. Bien à l'abri, je regarde Julie frôler la folie furieuse. Elle ramasse l'escabeau, me lance : "Tu ne perds rien pour attendre!" se bagarre de nouveau avec l'engin qui refuse à présent de rentrer dans le débarras, le case tant bien que mal -à mon avis, plutôt mal que bien- et revient dans la salle où elle crie:

-Sors de ton trou!

Je sors de mon trou, comme elle dit, je saute sur le bibus, et là, je me dis qu'il faut mettre le paquet. Je me roule sur le dos, offre mon ventre, les quatre pattes en l'air, et le regard en coin, j'émets des petits "rououou...rououou..."

Et ça ne rate pas, mon apparente soumission retourne Julie comme une crêpe, et elle me dit d'un ton qu'elle croit efficace: "Ce n'est pas bien de me faire tourner en bourrique, sois sage, hein, maintenant!"

Mais oui, mais oui, fais moi confiance, Julie, je serai sage comme une image. Au fait, on mange pas bientôt? Non, mais je ne sais pas si tu es au courant,  avec le souk que tu as fait, on va rater l'heure du repas, et moi, j'ai faim!😇

 

 

Dans ma nouvelle maison

Le 17 septembre 2013, 21:39 dans Humeurs 0

C'est moi, Zoé, la chatte, souvenez-vous, je venais d'être adoptée.

Quand nous sommes arrivés dans ce qui allait être ma maison -enfin, si ma nouvelle mère me gardait- j'ai regardé autour de moi, et ce que j'ai vu ma tout de suite plu: une maison assez grande, les portes ouvertes partout, et un petit jardin avec des arbres, et donc des oiseaux. Terrain de chasse idéal. Ma maîtresse, flanquée de Valérie la grosse, a battu le rappel, et les voisines se sont amenées pour m'admirer. Il y avait Nathalie et Georgette. -Je n'y peux rien, c'est son prénom, Georgette- D'emblée, j'ai sauté sur la table de la cuisine une fois sortie de ma boîte, et elles se sont agglutinées autour de moi pour m'admirer.

-Oh! qu'elle est mignonne, a dit Valérie béate devant ma petite tête ronde, mes grands yeux et mon nez minuscule

Et je me suis roulée sur le dos, offrant mon ventre aux caresses de ces dames. "Elle a les yeux verts, a dit Valérie". "Non, jaunes, pas verts", a rétorqué Nathalie, qui a un léger problème de vue.

-Et comment tu vas l'appeler?  a demandé Valérie

On a regardé sur l'ordi et on a vu que c'était l'année des "F"

Alors elles ont commencé à énumérer des nom tous plus brillants les uns que les autres. "Fifi, a dit Valérie"", qui n'aimait pas prendre de risques. "Ah non, c'est moche Fifi, c'est bon bon pour un serin, pourquoi pas Fanfan" a aussitôt répliqué Nathalie.Georgette a fait preuve d'une imagination surprenante en proposant "Fany" puis on a énuméré "farandole", "framboise", et j'en passe.

-Son nom sera Zoé, a dit ma mère, et les autres, avec une logique imparable, ont fait remarqué que Zoé ne commençait pas par un "F".

-Je m'en moque, ce sera Zoé, et on va célébrer sa venue parmi nous avec un coup de champagne. Du coup, la proposition a mis tout le monde d'accord, et on a sorti les verres. Mais avant, j'ai eu le droit à une assiette de poisson que j'ai englouti avec voracité.

-Elle avait faim, a fait remarquer Georgette, avec d'un esprit d'observation peu commun.

Ensuite, j'ai filé dans les toilettes pour chat qui se trouvait au bout du couloir. Ah! le bonheur d'une litière fraîche et propre! pour un peu, je me serais roulée dedans. Et tandis que les quatre copines célébraient mon arrivée, non sans avoir au préalable mis un peu de champagne derrière mon oreille pour me "baptiser", j'en ai profité pour explorer les lieux.

Tout ce que je voyais me mettait en joie: du papier peint et des meubles pour se faire les griffes, un canapé pour se vautrer dessus, un jardin pour courir après les oiseaux et grimper aux arbres, rendez-vous compte, pour une chatte comme moi, c'était le paradis. Alors j'ai fait ma folle et j'ai couru partout, sauté sur des genoux accueillants, grimpé sur la table, reniflé les biscuits, ignorant superbement ma maîtresse qui tentait de me faire descendre, sans trop de conviction, vu que les autres lui disaient:

-Mais laisse, elle est toute jeune, elle va s'assagir!

Ce qui me faisait bien rigoler intérieurement, car je savais bien, moi, que bientôt, c'est moi qui mènerai tout ce petit monde à la baguette. Parce que, hein, si vous connaissez plus comédien et plus déterminé qu'un chat, dites le moi.

Quand tout le monde eut bien fêter mon arrivée, et que chacune fut repartie, ma maîtresse a dit: "allez, on va se coucher, voilà ton panier, Zoé, regarde comme il est chaud, tout en fourrure! Tu vas être bien, la-dedans!

Puis, elle est allée dans la salle de bain, a pris un livre, et est allée se coucher. J'ai attendu.

Quand elle a éteint la lumière, j'ai grimpé sur le lit et avec un petit "rouou" je me suis installée contre elle.

-Tu ne vas pas dans ton panier? va dans ton panier, Zoé, allons, va!

J'ai donné un petit coup de langue sur sa joue. Alors elle a étendu le bras et l'a mis autour de moi.

Et on a dormi.

Qu'est-ce que je vous disais, plus astucieux et déterminé qu'un chat, il n'y a pas.

 

 

Ma vie de chat

Le 16 septembre 2013, 13:45 dans humour 0

Bonjour, à vous qui lirez -peut-être- cet article, je me présente, comme toute chatte bien élevée se doit de le faire. Je m'appelle Zoé. Au refuge où j'étais, on m'appellait "la noire". C'est tout dire. C'était un refuge qui grouillait de chats plus ou moins malodorants. Oui, je sais, vous allez me dire : mais pour qui elle se prend, celle-là, elle qui vient d'un refuge pour chats! J'avais été abandonnée à 5 mois, je ne sais pas pourquoi on ne voulait plus de moi. Pourtant, j'étais une gentille chatte, enfin, c'est ce que je pense, et voilà qu'un jour, on me trouve indésirable et on me colle là, parmi des congénères que je ne connaissais pas, à manger une nourriture pas terrible (ils n'ont pas de sous pour nourrir tous les abandonnés comme moi, dans les refuges) à partager des toilettes changées de temps en temps, bref, pour moi, c'était un goulag. Alors je restais, moi, "la noire" dans mon coin. J'avais un grand handicap, contre moi: j'étais une chatte noire. Et il y a encore des humains qui détestent les chats noirs. Alors je restais là, mangeant à peine, ne parlant à personne, mais sachant quand même donner un coup de patte quand un malotru tentait de me renifler d'un peu trop près. Je restais un mois. Entre temps, on m'avais stérilisée, et la dame du refuge m'avait gardée chez elle tout le temps de ma remise sur patte. Et devinez quoi: chez elle, il y avait 5 chats! Puis, retour au refuge. Et un jour, alors que je me résignais à mon sort, seule dans mon coin, voilà que deux rombières s'amènent. Je parle mal, allez vous me dire, mais on fréquente de tout dans les refuges, c'est un peu comme les prisons, pour vous, les humains.
 Elles étaient deux, une grosse avec des cheveux blancs, et une plus jeune, blonde, menue, qui a commencé par dire à la dame du refuge: "Je voudrais une chatte, pas un chat"

-Vous êtes sexiste? a demandé la dame, et les autres adoptants éventuels qui étaient là ont rigolé.

-Non, mais j'avais un chat mâle que je viens de perdre à l'âge de 24 ans, et il avait la désagréable manie de marquer son territoire par des jets de pipi.

C'est vrai, nous, les femelles, nous sommes bien plus propres.

Et la blonde a regardé autour d'elle. Elle semblait s'intéresser à une écaille de tortue, mais dès qu'elle s'est approchée, l'autre s'est mise à cracher et à feuler comme une furie. C'est vrai, celle-là, personne ne pouvait l'approcher, trop longtemps ici, peut-être. Une chatte souffreteuse s'est approchée d'elle et lui a demandé: emmène moi, je t'en prie, prends moi avec toi!

Elle avait un oeil malade, et j'ai senti que la blonde allait se laisser attendrir. Moi, je ne bougeais pas. J'attendais.

La dame du refuge a dit: si personne ne la prend, la minette (celle qui avait l'oeil malade), je la prendrai chez moi, ne vous inquiétez pas, je ne l'abandonnerai pas.

Et bien comme ça, ça lui en fera 6, de chats.

La blonde s'est retournée, et nos regards se sont croisés. Elle est venue vers moi et m'a prise dans ses bras. Je la regardais d'un air sérieux, pas du tout genre " oh là là! que je suis malheureuse, ici! emmène moi je t'en prie!"

-Qu'est-ce que tu en penses, Valérie, a demandé la blonde à la grosse aux cheveux blancs, elle a l'air doux, non?

-Elle est mignone, a répondu la dite Valérie, qui avait un matou qui lui bavait dans les cheveux, et dont elle n'arrivait pas à se débarrasser, mais c'est toi qui vois.

-Je la prend, a dis la blonde, c'est décidé.

Les formalités ont été réglées en moins de deux, et je suis partie en voitures avec celle qui, désormais, allait me servir de mère. Elle m'avait mise dans une boîte de transport, avec une couverture et me parlait en bétifiant, et moi, intérieurement je rigolais, car, hein, ce n'est pas au refuge que j'allais montrer ma vraie nature!

Tout le long du trajet, je miaulais, parcequ'il faisait froid dans la voiture, (c'était Valérie qui conduisait et elle n'avait pas mis le chauffage) et elle s'est trompée trois fois de route. "Comme d'habitude", a dit ma nouvelle mère. Et moi,  je voulais faire pipi. Et j'avais faim. Et je ne savais pas où on m'emmenais.

Enfin, on est arrivées dans ce qui devait être ma nouvelle demeure.

Voir la suite ≫